– 15ème Journée de Tolérance Zéro : événement inédit pour l’abandon des Mutilations Sexuelles Féminines

– 15ème Journée de Tolérance Zéro : événement inédit pour l’abandon des Mutilations Sexuelles Féminines

Le 6 février 2019, le collectif Prévenir & Protéger, qui réunit plusieurs associations dont Equipop, a organisé un évènement inédit pour la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des Mutilations Sexuelles Féminines (MSF) à la Maison de Crowdfunding. Au programme, tables rondes et musée éphémère pour sensibiliser le grand public, les professionnel·le·s et les diasporas à la promotion de l’abandon des MSF.

En France, on estime qu’entre 53 000 et 60 000 femmes ont subi une MSF et que, chaque année, trois petites filles et adolescentes sur dix issues des pays pratiquant l’excision sont à risque. Les MSF constituent une violation des droits humains et plusieurs associations sont engagées depuis de nombreuses années dans la promotion de l’abandon de cette pratique, même si des efforts considérables restent encore à fournir.

Echanges avec des expert·e·s de France et d’Afrique de l’Ouest

A travers cet événement, différentes associations comme Equipop, le GAMS, Excision parlons-en!, ou encore la Maison des Femmes de Saint-Denis, sont intervenues sur l’importance de l’engagement des diasporas, la protection des enfants et adolescentes et la reconstruction chirurgicale. La construction de ponts entre l’Afrique et l’Europe pour mettre fin aux MSF est également une nécessité portée et défendue par Equipop.

Venue du Mali pour l’occasion, Fatoumata Sangare, chargée de projets de l’Association Malienne pour le Suivi et l’orientation des Pratiques Traditionnelles (AMSOPT) association partenaire d’Equipop depuis 2006, a pu partager les activités mises en oeuvre dans les villages de la région de Kayes ; actions de  sensibilisation dans ces villages et formation de professionnel·e·s de santé pour la prévention et la prise en charge de filles et femmes victimes d’excision.

« Notre mission, c’est surtout de défendre la participation entière et équitable des femmes dans le domaine de la santé et des droits humains »

Fatoumata Sangare

De très nombreuses personnes de la diaspora malienne en France sont originaires de cette région. Les ponts à mettre en place entre la France et le Mali sont donc essentiels pour mettre fin à cette pratique. Comme nous le racontait Fatoumata, c’est une démarche qu’a par exemple entrepris le frère du chef de village de Madina, qui a mis à contribution son expérience et son influence pour faire adhérer son village au projet et au processus d’abandon.

Plusieurs hommes et femmes politiques se sont également rendu·e·s sur place, comme Hélène Bidard, adjointe à la Maire de Paris sur les questions relatives à l’égalité femmes/hommes, qui a affirmé son engagement contre la pratique des MSF : 

“Rien ne peut justifier, comme le rappelle la Convention d’Istanbul, une violence à l’égard des femmes”

La Secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, était également présente. Cette dernière a notamment rappelé les priorités de la France dans le cadre de sa présidence du G7 en 2019. Les violences sexistes et sexuelles sont une de ces priorités, et les MSF et le mariage d’enfants y figurent en première position.

Plongée au coeur d’un musée éphémère entre découverte et sensibilisation

Durant toute la journée, le public a pu découvrir un musée éphémère mettant en avant des documentaires vidéos autour des MSF, une exposition photos sur une cérémonie d’abandon au Mali tirée du webdocumentaire “Kayes dit non” et des portraits de médiateurs et médiatrices de changement vivant en France. A travers ces différents supports, l’objectif était une fois de plus de créer des ponts entre l’Afrique et l’Europe, afin de montrer l’engagement multiple des communautés et des diasporas. L’atelier de modelage de clitoris en pâte à modeler organisé par la Fédération GAMS fut une réussite et l’occasion pour le public de (re)découvrir le clitoris !

Véritable succès, cette 15ème Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des MSF a permis de rendre visible les actions menées par Equipop en Afrique de l’Ouest et en France, mais aussi de réaffirmer l’engagement des différentes franges de la société civile pour mettre fin à la pratique de l’excision.