– Conférence de reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme : Déclaration de la société civile française

– Conférence de reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme : Déclaration de la société civile française

Communiqué de presse
Lyon, le 09 octobre 2019

La Conférence de reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme s’ouvre à Lyon ce jour.

Le Président français et le Fonds mondial ont fixé à au moins 14 milliards de dollars l’objectif pour le cycle 2020-2022, montant nécessaire pour sauver 16 millions de vies en plus.

Une hausse d’au moins 25% (270 millions sur 3 ans) de la contribution française est un préalable à l’atteinte de cette cible. Le succès de la conférence du Fonds mondial en dépend.

Avec ces 270 millions d’euros supplémentaires, ce sont plus de 342 000 morts et de 5 millions d’infections qui seront évitées dans les trois ans à venir.

Sans augmentation de la contribution française d’au moins 25%, les 14 milliards de dollars ne sauraient être réunis. La responsabilité du Président Emmanuel Macron, en tant qu’hôte, serait dès lors engagée.

Il reste moins de 24h au Président français pour éviter un drame et être l’artisan d’un succès historique.

Signataires :

AIDES, Action Santé Mondiale, Amis du Fonds mondial Europe, Coalition PLUS, Crips Ile-de-France, Élus locaux contre le sida, Equipop, Oxfam, Le Planning Familial, Sidaction, Solidarité Sida, Solthis

Note aux rédactions :

  • Contribution française actuelle : La contribution française s’élève actuellement à 360 millions d’euros par an (400 millions de dollars), soit 1,08 milliard d’euros sur la période 2017-2019. Cela représente 10% des fonds disponibles au sein du Fonds mondial. Cette contribution n’a pas augmenté depuis 2010, rétrogradant la France de la 2e à la 3e place des contributeurs sur le cycle de reconstitution actuel.
  • Rôle historique de la France et impact du Fonds mondial : Depuis la création du Fonds mondial en 2002, à l’initiative notamment du Président Jacques Chirac, la France a versé 4,61 milliards d’euros. Elle a ainsi contribué à sauver plus de 32 millions de vies.
  • Effet levier sur la contribution américaine. Les Etats-Unis contribueront à 33% du total des fonds récoltés pour 2020-2022 – la délégation du Congrès américain compte réaffirmer ce soutien lors de la conférence. Donc pour chaque 2 euros engagés par les autres donateurs, les Etats-Unis engagent 1 euro. Si la France n’augmente pas sa contribution de 25%, soit 300 millions de dollars, ce seront 150 millions de dollars de contribution américaine qui seront perdus. Cela représente 171 000 morts et 2,55 millions d’infections qui auraient pu être évitées. Elles s’ajoutent aux 342 000 morts et de 5 millions d’infections que l’augmentation française aurait pu par ailleurs éviter. 513 000 morts, c’est la population de la ville de Lyon sacrifiée.
  • Etat des lieux des contributions annoncées : Les principaux contributeurs ont d’ores et déjà annoncé leur contributions pour le cycle 2020-2022. L’Allemagne a annoncé une hausse de 25% sa contribution par rapport à l’annonce de 2016. Des pays en crise politique majeure ont su augmenter leur contribution : l’Espagne (100 M€, contre 0 actuellement), le Royaume-Uni (+16,7% ; au total le Royaume-Uni est deuxième contributeur avec 1,4 milliard de livres) et l’Italie (+15%) par exemple.
  • France, leader du multilatéralisme : Cette année, la France a accueilli le sommet du G7 à Biarritz et s’est présentée en tant que leader d’un multilatéralisme renouvelé et renforcé. Le président de la République a souligné cet engagement à la tribune des Nations unies en septembre en appelant à un multilatéralisme fort. Ne pas augmenter la contribution française au Fonds mondial serait incohérent avec la posture défendue par la France à l’international et enverrait un signal mixte sur le leadership français dans les organisations multilatérales et la santé mondiale.