N’Djamena, 09 juin 2026 – Dans un contexte sahélien marqué par les conflits, les crises sécuritaires et la persistance des violences sexistes et sexuelles , une nouvelle mobilisation régionale entend porter une conviction forte : aucune paix durable ne peut être construite sans la participation effective et holistique des femmes et des jeunes.
Réuni.e.s à la Maison de la Femme de N’Djamena, le Réseau Paix et Sécurité pour les Femmes de l’Espace CEDEAO (REPSFECO), auprès de plusieurs institutions nationales, partenaires techniques et financiers et organisations de la société civile, dont la Ligue Tchadienne des Droits des Femmes, le réseau des jeunes femmes et filles leaders (REJEFT), ou encore Salama Peace Initiative a officiellement lancé une campagne régionale de plaidoyer dédiée aux agendas Femmes, Paix et Sécurité (FPS), et Jeunesse, Paix et Sécurité (JPS), avec un accent sur le volet Prévention et Protection contre les violences sexistes et sexuelles (VSS).

Cette campagne née d’un lab d’incubation a pour but de renforcer et accélérer la mise en œuvre effective des agendas FPS et JPS dans les politiques nationales et régionales mais aussi d’amplifier la voix des femmes et des jeunes, en particulier des survivant.e.s de violences sexuelles et sexistes. Elle vise à créer une mobilisation régionale forte et inclusive, afin d’accélérer la mise en œuvre coordonnée et durable des engagements pris par les Etats, de renforcer la voix des femmes et des jeunes, et de susciter des actions concrètes au niveau politique, institutionnel et communautaire.
Elle vise à créer une mobilisation régionale forte et inclusive, afin d’accélérer la mise en œuvre coordonnée et durable des engagements pris par les Etats, de renforcer la voix des femmes et des jeunes, et de susciter des actions concrètes au niveau politique, institutionnel et communautaire.
Au-delà d’une cérémonie officielle, cette rencontre a porté une ambition politique claire : faire reconnaître les femmes et les jeunes non comme de simples bénéficiaires des politiques publiques ou des victimes des crises, mais comme des acteur.ice.s essentiel.le.s de la paix, de la cohésion sociale et de la transformation vers des sociétés plus justes et durables.
Dans l’espace sahélien et ouest-africain, les femmes et filles continuent d’être parmi les premières affectées par les conséquences des conflits armés, des déplacements forcés, de l’instabilité sécuritaire et des violences sexistes et sexuelles. Pourtant, elles demeurent encore largement sous-représentées dans les espaces de décision, les processus de médiation et les mécanismes de gouvernance de la paix.
Les participant.e.s ont rappelé que les résolutions internationales sur les agendas Femmes, Jeunesse, Paix et Sécurité ne peuvent produire des résultats concrets sans volonté politique forte et sans investissements réels, y compris financiers. Ils ont notamment insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de prévention et de protection des survivantes de violences sexuelles et sexistes, mais également de créer des espaces où les femmes et les jeunes peuvent exercer pleinement leur leadership.

Lors des discussions, plusieurs enjeux ont émergé avec force : l’accélération de la mise en œuvre des agendas FPS et JPS, l’accès à des financements durables pour les initiatives portées par les organisations féministes et de jeunesse, ainsi que l’utilisation du numérique comme outil de sensibilisation, de mobilisation et de défense des droits.

L’un des messages majeurs issus des échanges a porté sur le rôle stratégique des organisations féministes dans la transformation sociale. Souvent en première ligne dans les communautés, ces organisations assurent un travail essentiel de prévention des violences, d’accompagnement des survivantes, de médiation et de plaidoyer, malgré des ressources encore limitées. Les recommandations formulées à l’issue de cette rencontre appellent à davantage d’engagement politique, à un renforcement des financements nationaux et innovants, mais également à une meilleure reconnaissance des initiatives locales portées par les femmes et les jeunes.
Cette campagne régionale sera progressivement déployée dans six pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Niger, le Tchad et le Togo.
Dans une région confrontée à de multiples défis, cette initiative rappelle une réalité souvent portée par les mouvements féministes : construire la paix ne consiste pas seulement à faire taire les armes ; il s’agit aussi de transformer les inégalités qui fragilisent les sociétés et excluent certaines voix des espaces où se décide l’avenir collectif.
| La campagne régionale de plaidoyer “Campagne régionale de plaidoyer : vulgarisation et sensibilisation en Afrique de l’Ouest et du Sahel sur l’Agenda Femmes Paix et Sécurité et les Violences Sexuelles et Sexistes”” est mise en oeuvre dans le cadre du projet “Pour des agendas FéminiSTES Paix et Sécurité _ Africaines de l’Ouest et du Sahel solidaires pour la paix” qui se déploie au Bénin, au Burkina-Faso, en Côte d’Ivoire, au Niger, au Tchad et au Togo ; en particulier dans les zone où les violences et violations diverses aux droits, à la paix et à la sécurité traversent les frontières. Financé par l’Agence Française de Développement à travers le Fonds de Soutien aux Organisations Féministes (FSOF), ce projet est mis en œuvre en consortium par Equipop, Diakonia, FAD Niger, et Gorée Institute. Il permet de contribuer à (re)positionner les agendas FJPS au plus près des territoires concernés, en investissant dans le potentiel transformatif des femmes et des jeunes artisan.e.s de paix, vers des sociétés plus justes et durables en Afrique de l’Ouest et au Sahel. |