Face aux offensives croissantes contre les droits des femmes et l’égalité de genre, une réponse s’impose : renforcer les solidarités entre mouvements féministes, pouvoirs publics et partenaires engagés. C’est dans cet esprit que l’Alliance Féministe Francophone (AFF) a réuni, le 9 juillet à la Mairie du 10e arrondissement de Paris, des militantes, des responsables politiques, des institutions et des organisations de la société civile, pour une rencontre placée sous le signe du dialogue et de l’action collective.
Organisé par Equipop, le Fonds pour les Femmes en Méditerranée (FFMed) et la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), cet événement s’inscrivait dans une semaine de travail de l’Alliance Féministe Francophone. Pendant plusieurs jours, une vingtaine d’activistes venues de 14 pays (Afrique, région SWANA, Canada, France) se sont réunies à Paris pour partager leurs expériences, consolider leurs stratégies de plaidoyer et renforcer leurs alliances.
Accueillie par Alexandra Cordebard, Maire du 10e arrondissement, la rencontre a été ouverte par Emmanuel Grégoire, Maire de Paris, puis par Éléonore Caroit, Ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger. Lucie Daniel, responsable plaidoyer et études chez Equipop, a ensuite rappelé les enjeux liés au backlash mondial contre les droits des femmes. Elle a présenté le travail de l’Alliance Féministe Francophone, ainsi que les derniers chiffres du rapport du réseau mondial AWID sur les financements aux organisations féministes, aux côtés d’Inna Michaeli, la co-directrice d’AWID.



Le cœur de la rencontre a été consacré aux témoignages des militantes de l’AFF, dans une session animée par Marion Duquesne, co-directrice du FFMed. Ahodi Credo Addis Semevo (AFRO BENIN), Khadija Errebah (Association Démocratique des Femmes du Maroc), Vanessa Zammar (Jeyetna, Liban), Zipporah Dulcie Ndione (ROAJELF Sénégal) et Alice Apostoly (Féministes contre le cyberharcèlement) ont partagé les réalités auxquelles elles font face dans leurs pays : montée des mouvements anti-droits, restrictions de l’espace civique, conflits, violences ou encore progression des mouvements masculinistes. Leurs interventions ont illustré la diversité des formes que prend le backlash, mais aussi la force des stratégies de résistance développées par les mouvements féministes.
Un constat s’est imposé tout au long des échanges : ces résistances ne pourront se poursuivre sans un soutien politique et financier à la hauteur des enjeux. Alors que les réductions de l’aide publique au développement fragilisent les organisations de la société civile, les participantes ont rappelé le rôle essentiel de mécanismes tels que le Fonds de soutien aux organisations féministes (FSOF). Derrière les arbitrages budgétaires se joue la capacité des organisations locales à poursuivre leurs actions, à accompagner les communautés et à défendre les droits humains.
Anne Souyris, sénatrice de Paris, et Sophie Giroud, vice-présidente de la FIDH, ont rappelé l’importance de poursuivre le dialogue entre institutions et mouvements féministes.
En clôture, Barbara Gomes, adjointe au Maire de Paris chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, qui a rendu possible l’organisation de cette rencontre, a rappelé l’importance de soutenir les mouvements féministes et de faire vivre les alliances entre collectivités, institutions et société civile pour répondre aux offensives anti-droits.
Cet événement illustre la conviction qui guide l’action d’Equipop : face au backlash, les réponses doivent être collectives. À Paris, comme lors du séminaire qu’Equipop a organisé à Lyon dans le cadre du Tour de France de la solidarité internationale féministe, notre objectif est le même : favoriser les échanges entre actrices et acteurs engagés, faire émerger des réponses communes face aux reculs des droits et contribuer, à toutes les échelles, à renforcer les alliances féministes.
Credits photos © : Joséphine Brueder/Ville de Paris