– Législatives en France : la mobilisation féministe a payé !

La mobilisation collective a payé, l’extrême droite ne gouvernera pas la France en 2024. Equipop ne baisse pas la garde et reste au contraire mobilisée aux côtés de la coalition “Alertes féministes”. Maintenant, il faut exiger des avancées pour les droits des femmes et l’égalité de genre ! 

Le Rassemblement National, qui avait pour ambition de gouverner la France à l’issue des élections législatives, a perdu. En nombre de sièges, le Nouveau Front Populaire est la première force issue des urnes, tandis que le Rassemblement National n’est que troisième. La mobilisation de la société civile, à travers des initiatives comme “Alertes féministes” et des appels à l’action à l’international, a permis d’éviter le pire. Equipop est fière d’avoir participé à cette défaite de l’extrême droite.  Bien qu’elles n’aient pas été aidées – c’est un euphémisme – par les médias, plusieurs femmes politiques ont joué un rôle majeur pour contrer l’extrême droite dans la rue et le débat public. De plus, le travail des médias indépendants et de la presse quotidienne régionale, qui a permis de mettre en lumière les profils, propos et parcours racistes, antisémites, homophobes et sexistes des candidat·e·s du RN, a très certainement aidé à la prise de conscience des électeurs et électrices.  Selon les premières analyses, le vote féminin pour le RN, sur lequel Marine Le Pen mise énormément, a reculé lors de ces législatives, notamment chez les jeunes femmes, comme le souligne la chercheuse Nonna Mayer. C’est un des éléments-clé en vue de l’élection présidentielle de 2027. Nous ne le dirons jamais assez : l’extrême droite est incompatible avec les droits des femmes et la justice sociale ! 

Et maintenant ?

Même si la défaite de l’extrême droite est un soulagement, en France et en Europe, le score du RN reste historiquement haut, et la situation politique est très incertaine. L’inertie qui pourrait en résulter fragilise des processus liés aux droits des femmes (révision de la loi sur le viol et intégration du consentement, travaux sur les violences sexistes et sexuelles et la protection de l’enfance, vote des budgets pour les politiques publiques d’égalité de genre et de solidarité internationale, etc.), qui manquaient déjà d’élan politique ces dernières années.  Par ailleurs, depuis 2017, l’Assemblée nationale ne cesse de reculer dans l’objectif d’atteinte de la parité : les femmes représentent désormais seulement 36% des député·e·s. Le RN et les Républicains, qui sont représentés par des hommes aux deux tiers et aux trois quarts, font chuter la moyenne. Un seul parti, EELV, atteint la parité. Tous les autres se trouvent en dessous de 42%.

Dans cette situation, inédite en termes d’absence de majorité, mais malheureusement très classique en termes d’invisibilisation des femmes politiques et des enjeux d’égalité de genre, nous appelons à renverser la tendance.  La parité devra bien entendu être respectée dans le prochain gouvernement. A l’heure où les partis travaillent à la création de coalitions, quelles qu’elles soient, nous soulignons qu’il est indispensable que les droits des femmes et l’égalité de genre constituent, dans les négociations, un élément non négociable, justement. Plus largement, dans les mois et les années qui viennent, les pouvoirs exécutifs et législatifs devront travailler plus qu’ils ne le font actuellement avec les associations, dans toute leur diversité. Les féministes, particulièrement, doivent être écoutées et entendues, dans les cercles de pouvoir et dans les médias. Le risque d’une majorité absolue pour le RN a engendré dans l’urgence une mobilisation collective qui doit perdurer dans le dialogue et la co-construction. C’est la seule voie pour faire progresser les droits des femmes et des personnes LGBTQIA+ et, plus largement, pour assainir la démocratie française. 

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