Le 28 septembre marque la journée mondiale de lutte pour le droit à l’avortement, une lutte dans laquelle Equipop s’engage toute l’année. Pour cette édition 2026, Equipop et ses partenaires portent une initiative spéciale qui illuminera Paris aux couleurs du droit à l’avortement et de la liberté de choisir.
Pourquoi faut-il (encore) parler du droit à l’avortement en 2026 ?
Le droit à l’avortement se gagne chaque jour. Partout dans le monde, des féministes se battent pour l’obtenir, le maintenir ou le défendre. Elles font face à une offensive réactionnaire qui s’est accélérée depuis le début des années 2010 et surtout avec le retour de Trump à la Maison Blanche. Un backlash qui se manifeste avec de plus en plus de virulence et dont les moyens augmentent considérablement.
Ces attaques ne sont jamais isolées : le contrôle des corps des femmes précède le contrôle des peuples et l’érosion des démocraties. C’est la marque de fabrique des régimes autoritaires. Comme le souligne le CESE dans une résolution adoptée en mars 2026, “cette dynamique vise en premier lieu les droits des femmes, mais elle s’inscrit dans un contexte plus large de remise en question de principes fondamentaux, dont l’égalité entre les personnes et le respect des libertés fondamentales”.
Dans les instances multilatérales, le droit à l’avortement cristallise des rapports de force et des marchandages diplomatiques entre Etats. En marge de l’Assemblée générale des Nations unies, un groupe de 60 organisations a ainsi été inauguré, avec pour objectif de promouvoir la “Déclaration du consensus du Genève”, un texte anti-choix lancé par la première administration Trump et qui vise à empêcher toute tentative de faire progresser le droit à l’avortement.
Au niveau mondial, plusieurs exemples montrent qu’il est possible d’avancer, de l’Irlande au Népal ou au Bénin. En Europe plus particulièrement, le droit à l’avortement a progressé : rien qu’au cours de la dernière décennie, 21 pays européens ont mis en œuvre des réformes significatives visant à améliorer l’accès aux services d’avortement, selon une étude du Center for Reproductive Rights. La constitutionnalisation de l’avortement en France a fait des émules : des initiatives de réforme similaires sont en cours en Belgique, en Suède et en Espagne.
Cependant, ces progrès sont inégaux et ce droit demeure régulièrement attaqué ou difficilement accessible : réintroduction des groupes anti-choix dans les cliniques en Italie, aucun assouplissement de la loi en Pologne malgré l’arrivée d’un nouveau gouvernement, avortement interdit à Malte sauf cas exceptionnels… La montée de l’extrême droite en Europe se fait aussi sentir au Parlement européen : en septembre, une exposition anti-avortement a été inaugurée par le groupe ECR, où siège le parti de Giorgia Meloni, ainsi que l’eurodéputée française Marion Maréchal.
En France, le droit à l’avortement suscite un large soutien populaire. 81% des Français·e·s étaient favorables à son inscription dans la Constitution, selon une étude de la Fondation Jean-Jaurès en 2022. Mais ici aussi, il doit être protégé face à des vents contraires : pressions de l’extrême droite, discours natalistes ambiants et “réarmement démographique”, remise en cause des libertés associatives et coupes budgétaires qui menacent la continuité des services proposés par des associations de terrain historiques comme Le Planning Familial.
L’engagement d’Equipop pour le droit à l’avortement
La défense du droit à l’avortement est au coeur de la mission d’Equipop. L’association se mobilise en France, en Europe, en Afrique francophone – à travers par exemple l’Alliance féministe francophone – et dans le monde pour soutenir et fédérer les associations et activistes et pour susciter les changements sociétaux et législatifs nécessaires pour rendre l’avortement accessible. Avec les villes, les collectivités territoriales et jusqu’à l’ONU, Equipop interpelle les décideur·e·s politiques et rend visibles les problématiques liées à l’avortement et aux droits sexuels et reproductifs en général. Avec son cycle “Féminismes et santé”, l’association crée des espaces de discussion et des formations à destination des professionnel·le·s de santé.
Enfin, parce que les grandes conquêtes féministes ont toujours été obtenues par des mobilisations sociales, Equipop a lancé la campagne “Ici aussi”, qui propose aux citoyen·ne·s d’appeller les responsables politiques français·es à se positionner clairement en faveur du droit à l’avortement et de la solidarité internationale.
A moins d’un an de la présidentielle 2027, les sujets féministes comme le droit à l’avortement doivent être priorisés par les candidat·e·s : parce que les Français·e·s y sont attaché·e·s et parce que ce sont des enjeux qui comptent, à la fois dans leur vie quotidienne et dans les débats géopolitiques actuels.
En 2026, Paris s’illumine en vert pour le droit à l’avortement
Cette année, Equipop porte une initiative spéciale avec son partenaire européen Center for Reproductive Rights ainsi que Le Planning Familial, Médecins du Monde, Amnesty International France et Ipas. Dans une quinzaine de villes européennes, des monuments et des bâtiments symboliques vont s’illuminer de vert, la couleur qui fédère les luttes pour le droit à l’avortement dans le monde, en référence à la “vague verte” féministe qui a déferlé sur l’Amérique latine.
A Paris, la Mairie illuminera la Colonne de Juillet, Place de la Bastille, symbole de liberté et de conquête, qui rend hommage aux révolutionnaires.
Quand l’avortement recule dans un pays, d’une certaine manière, il recule partout dans le monde. Car les mouvements anti-droits s’inspirent les uns des autres, s’enorgueillissent des avancées de leurs voisins, se coordonnent, et sont liés par les mêmes méthodes, éléments de langage et financements.
Dans tous les pays où l’extrême droite et les populismes avancent, les villes ont un rôle particulier à jouer : par leur proximité avec les citoyen·ne·s, par les services publics qu’elles proposent et par le soutien qu’elles fournissent au tissu associatif local, les villes peuvent et doivent agir comme des bastions de résistance.
Rendez-vous le 28 septembre à partir de 19h30 !