– Tolérance zéro à Abomey-Calavi

À Abomey-Calavi, les Jeunes Filles Actrices de Développement (JFAD) déroulent le projet « We go for change » pour faire face à la recrudescence des cas de violences basées sur le genre (VBG). Ce projet financé par Féministes en Action, vise à répondre aux problèmes auxquels doivent faire face les femmes de la localité d’Abomey-Calavi au Bénin, dont la banalisation des violences, la non-protection des survivantes, la normalisation du règlement à l’amiable des cas de violences, la culture du silence.

Dans le cadre de la mise en œuvre de ce projet, des activités de formations, de sensibilisation, de mobilisation communautaire et de plaidoyer ont été prévues pour des Officiers de police judiciaire (OPJ), des étudiant·e·s, des populations d’Abomey-Calavi, et des autorités de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC). 

Le parcours d’apprentissage pour déconstruire les normes sexistes et lutter contre les VBG

  Pour atteindre l’objectif du projet, JFAD a initié le parcours d’apprentissage. Ce dernier a été mis en place pour former vingt OPJ, vingt étudiant·e·s et des web activistes sur les causes profondes des violences basées sur le genre, la déconstruction du sexisme, l’importance de la culture de la tolérance zéro face aux VBG et la protection des survivantes.   Pour les OPJ, ce parcours d’apprentissage a été un cadre de questionnement des normes sexistes, de compréhension des causes profondes des VBG, surtout sexistes et sexuelles, à travers quatre sessions de discussions “free”, de réflexions et de co-création. Il a abouti à l’élaboration d’un code de conduite.  Tout au long du parcours d’apprentissage, les étudiant·e·s ont été amené·e·s à comprendre les inégalités sociales et de genre afin de les reconnaître et de les analyser pour être à même de qualifier les violences et d’en parler.  Quant aux web activistes, ils et elles ont été formé·e·s sur la production de contenus pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles. L’objectif est de leur fournir des ressources, des compétences en rédaction de contenus et usage des réseaux sociaux qui participent à la déconstruction du sexisme afin de préserver l’intérêt des survivantes. 

Briser le silence au sein des communautés

  Lors des parcours d’apprentissage, Zoundja a été identifiée comme la localité la plus sensible en termes de VBG. 57 jeunes filles et femmes, 36 hommes y ont été sensibilisé·e·s par des étudiant·e·s et des officiers de polices judiciaires. Les sensibilisations ont eu pour objectif d’informer les populations sur les conséquences des VBG, l’importance de dénoncer, les dangers du règlement à l’amiable et l’urgence de promouvoir une culture de tolérance zéro face aux violences basées sur genre qui sont des violations graves des droits des femmes. 

Agir pour un #CampusPlusSûr

  Lors du parcours d’apprentissage, les web activistes ont proposé des messages pour alimenter une campagne digitale #AgissonsMaintenant pour un #CampusPlusSûr. Cette campagne lancée en avril et qui prend fin en juin vise à sensibiliser sur l’importance de briser le silence, à promouvoir les nouvelles dispositions contre les VBG et le harcèlement dans les universités. La campagne se fait via les réseaux sociaux à travers des posts, vidéos, blogs, Facebook live et Twitter Space.  Outre cette campagne, JFAD mobilise la communauté universitaire à travers des espaces de conversations bien-être et santé (activités sportives, book clubs), des espaces artistiques et un forum des étudiant·e·s de l’UAC pour l’élimination des violences basées sur le genre en milieu universitaire. L’œuvre Nous sommes tous des féministes de l’autrice Chimamanda Ngozi Adichie a été au cœur de deux book clubs de l’espace bien-être et santé. À la suite du forum des étudiant·e·s de l’UAC, un plaidoyer sera porté à l’endroit du recteur de l’université pour redynamiser la cellule genre de l’université et revoir la ligne budgétaire. 

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