- En retirant les États-Unis de 66 organisations internationales, Donald Trump franchit un nouveau cap dans sa stratégie de démantèlement des droits humains, de l’égalité de genre et de la justice sociale à l’échelle mondiale.
- Parmi les organisations concernées figurent ONU Femmes (UN Women), l’entité des Nations unies dédiée à l’égalité de genre et à l’autonomisation des femmes et des filles, ainsi que le FNUAP (UNFPA), le fonds oeuvrant pour les droits et de la santé sexuelle et reproductive dans le monde.
- L’Alliance Féministe Francophone, coordonnée par Equipop, le Fonds pour les Femmes en Méditerranée (FFMed) et la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), exprime sa profonde inquiétude face à cette nouvelle annonce et réitère son appel aux Etats à défendre le multilatéralisme.
9 janvier 2026. En plus de porter atteinte à la lutte pour le climat et à la défense de l’environnement, cette décision menace des programmes essentiels en faveur de l’égalité de genre, de la santé et des droits sexuels et reproductifs, de la lutte contre les violences basées sur le genre et du soutien à la société civile. La privation subite de fonds essentiels réduit drastiquement la capacité des agences multilatérales à agir, au moment même où les reculs des droits s’accélèrent et où les mouvements féministes font face à des pressions et menaces inédites.
Les pays d’Afrique francophone et leurs mouvements féministes fortement impactés par les décisions des États-Unis
Le retrait des Etats Unis de ces 66 organisations internationales se double de mesures restrictives de mobilité qui frappent de plein fouet les féministes et organisations de la société civile de nombreux pays, en particulier d’Afrique francophone. Un tel ciblage les affecte directement et les prive d’opportunités de plaidoyer essentielles à l’avancée de leur cause, en les empêchant de facto d’accéder à de nombreuses instances des Nations Unies basées à New York.
Ces mesures prennent différentes formes, notamment la restriction, applicable au 1er janvier 2026, de la délivrance de visas aux ressortissant·es de 39 pays (et aux personnes qui présentent des documents de voyage délivrés ou visés par l’Autorité palestinienne) ainsi que la mise en place d’un programme de caution de visa (“Visa Bond Program”). Les ressortissant·es des pays identifiés, principalement africains, doivent verser une caution pouvant atteindre 15 000 dollars afin d’obtenir un visa temporaire (tourisme et business). Cette politique rend les espaces de négociation, de formation, de plaidoyer et de solidarité pratiquement inaccessibles pour l’immense majorité des activistes et des organisations de la société civile. Les organisations constitutives de l’AFF dénoncent ces mesures discriminatoires et racistes, mises en place par l’administration Trump.
L’Alliance Féministe Francophone appelle les États membres des Nations Unies à refuser toute dérive qui affaiblirait les droits des femmes et des personnes LGBTQIA+. Face aux tentatives de remise en cause de ces droits et des mécanismes internationaux qui les protègent, ils ont la responsabilité de se mobiliser et de les défendre avec détermination, afin de préserver les principes fondamentaux du système multilatéral.
L’Alliance Féministe Francophone (AFF) est une initiative menée par Equipop, la FIDH (Fédération internationale pour les droits humains) et le FFMed (Fonds pour les Femmes en Méditerranée), qui contribue à renforcer la participation des féministes francophones dans les espaces multilatéraux, des Nations Unies à l’Union Européenne en passant par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples.
Photo : Le président des États-Unis Donald Trump s’exprimant lors de la Conférence d’action politique conservatrice (CPAC) 2018 à National Harbor, dans le Maryland.
© Gage Skidmore
Contacts
Equipop : Chiara Ciampa, chargée de communication AFF, chiara.ciampa@equipop.org – Camille Frouin, chargée de communication et des relations presse, camille.frouin@equipop.org, +33 7 68 30 55 36
FFMed : Christelle Assaf, chargée de programme, cassaf@medwomensfund.org
FIDH : Maxime Duriez, chargé des relations avec la presse, mduriez@fidh.org , +33 6 48 05 91 57