Communiqué de presse, 23/09/2024
Nous, associations féministes, nous alarmons de la nomination d’un gouvernement ultra conservateur. Nous dénonçons en particulier la présence de ministres qui se sont engagé·es ou ont voté contre le droit à l’IVG dans la constitution ou contre le mariage pour tous·tes, une régression sans précédent.Nous sommes inquiètes du message délétère envoyé par ces nominations, qui témoigne de positions rétrogrades et réactionnaires sur les questions d’égalité et de genre, en total décalage avec les attentes de la société. L’absence d’un Ministère de plein exercice sur les droits des femmes, avec un budget dédié, est une provocation alors que les droits des femmes sont au cœur de nombreuses mobilisations. Le procès des violeurs de Mazan suscite un émoi sans précédent. Chacun·e prend la mesure du besoin urgent que les victimes de violences puissent déposer plainte sans crainte et appréhension, et de la nécessité de lutter réellement contre la culture du viol. C’est pourquoi nos associations féministes demandent des actes forts, notamment :
- Un ministère de plein exercice pour piloter les politiques en matière de droits des femmes et assurer la coordination avec l’ensemble des ministères.
- Une loi-cadre intégrale contre les violences sexuelles qui lutte contre la culture du viol par la prévention, la sensibilisation et l’accompagnement des victimes. Cet ensemble de mesures doit inclure la mise en œuvre de procédures pénales adaptées et de véritables moyens et obligations d’enquête.
- Un budget à hauteur de 2,6 milliards d’euros par an pour se donner les moyens de lutter contre les violences faites aux femmes
- La mise en oeuvre d’une diplomatie féministe qui subordonne les relations diplomatiques et internationales au respect des droits des femmes, aux minorités de genre et aux personnes LGBTQIA+
- L’abrogation des lois qui durcissent l’accueil des personnes exilées qui fuient les persécutions basées sur le genre ou l’orientation sexuelle et trouvent refuge en France