Salama Peace Initiative (SPI) est une association tchadienne fondée en 2019, née de la rencontre entre Josiane Djikoloum Darwatoye du Tchad et Hend Kheiralla du Soudan, deux jeunes militantes pour la paix. Elle œuvre à bâtir une société inclusive, sûre et prospère en plaçant les jeunes et les femmes au cœur de ses actions. Son approche, centrée sur la sécurité humaine, s’appuie sur des formations, un hub d’innovation, ainsi que des activités de sensibilisation, de médiation et de plaidoyer. Présente dans plusieurs régions du Tchad, SPI mène également des recherches sur l’extrémisme violent, les conflits et les déplacements forcés. Officiellement reconnue en 2024, l’association est dirigée par une équipe de huit membres. Chaque année, elle recrute et forme de nouveaux bénévoles pour renforcer ses actions sur le terrain et promouvoir durablement la culture de paix.
La Semaine mondiale de la paix
Organisée chaque année autour de la Journée internationale de la paix, le 21 septembre, la Semaine mondiale de la paix est un moment fort pour Salama Peace Initiative. En 2024, elle a été placée sous le signe de la vulgarisation des résolutions 2250 et 1325, avec pour objectif de renforcer l’implication des jeunes et des femmes dans les politiques de paix et de sécurité. Ateliers, campagnes multimédias et conférences ont rythmé cette semaine riche en échanges et en apprentissages. Ces actions ont permis de sensibiliser les communautés aux enjeux de paix et de cohésion sociale. En mars 2025, la présidente de SPI a même porté cette dynamique à l’international lors de la CSW69 à New York, en participant à un panel sur le leadership féminin en Afrique.
« La paix ne peut être durable que si elle est collective.»
Josiane Darwatoye, présidente de Salama Peace Initiative
Soutenir les réfugié•es
«Pour l’année 2024-2025, le plaidoyer qui nous a le plus marqué est celui de prendre en compte la situation des femmes autochtones et réfugiées soudanaises à l’est du Tchad. Leurs conditions sociales et sécuritaires nécessitent une attention particulière et un accompagnement», insiste Désiré Oubadji-mdehba, chargé de projet chez SPI. Parmi les pays les plus pauvres au monde, le Tchad accueille 1,3 million de réfugié e-s qui ont fui la guerre civile au Soudan, la plupart sont des femmes et des enfants.
ZOOM SUR… LA LUTTE CONTRE LA DÉSINFORMATION
En mars 2025, l’association a signé un mémorandum d’entente avec Média pour le Développement (MEDEV) et Tchadinfos.com. L’objectif: lutter contre la désinformation et promouvoir la paix au Tchad. Ce partenariat vise ainsi à produire des contenus éducatifs et à former les journalistes, blogueurs et influenceurs pour qu’ils traitent les sujets sensibles de manière éthique et responsable. « Ensemble, nous faisons des médias et du numérique des moteurs de cohésion sociale et de résilience», affirme Salama Peace Initiative.
Le soutien sorore d’Equipop
Le Tchad fait face à une recrudescence de vio-lence, en particulier envers les femmes. Seulement en 2024, près de 250 cas de viols, harcèlement et féminicides ont été recensés. En cause : le poids des traditions, la méconnaissance des lois qui protègent les femmes et l’impunité des auteurs. Grâce au soutien technique et financier d’Equipop, SPI peut se concentrer entièrement sur ces questions, souvent reléguées au second plan.
À suivre…
Pour 2025, SPI prévoit la création d’une revue trimestrielle sur les actualités et les actions menées par les organisations humanitaires au Tchad. Cette revue permettra aux militant-es tchadien-ne-s de partager des recommandations et proposer des solutions pour garantir un climat de paix. Enfin, l’association souhaite renforcer ses capacités digitales, avec le lancement d’une plateforme des organisations féminines mobilisées sur la résolution 1325.
