I. INTRODUCTION ET CONTEXTE
L’Afrique de l’ouest (et en particulier le Sahel) est connue aujourd’hui comme étant l’épicentre de l’insécurité en Afrique. Outre les nombreuses turbulences politiques, la situation sécuritaire dans la région demeure complexe et difficile. Les défis sécuritaires et socio-économiques s’intensifiant dans cette zone, fragilisent l’accès aux droits et besoins essentiels des populations civiles, et accentuent les violences multiformes en particulier à l’égard des femmes et filles (sexuelles, physiques, économiques etc.).
Pourtant, fortement mobilisées sur le terrain, les populations, en particulier les femmes et les jeunes, leurs associations et leurs réseaux agissent au sein de leurs communautés pour reconstruire et maintenir la cohésion sociale, garantir la jouissance de leurs droits et l’accès aux services essentiels, lutter contre les violences et assurer la prise en charge holistique de leurs conséquences, rééquilibrer les rapports de pouvoir entre les sexes et impulser une dynamique de changement positif vers un développement et une paix durables. Ces acteur·ice·s de changement entreprennent aussi des actions dans le but d’influencer les politiques et programmes publics à tous les niveaux de la prise de décision.
Les Objectifs de développement durable (ODD) placent l’égalité de genre comme socle fondamental du développement. L’agenda « Femmes, Paix et Sécurité » (FPS) à travers les résolutions 1325 et suivantes de l’ONU appelle à prévenir et protéger les femmes et les filles contre les violences sexuelles dans les conflits, à répondre à leurs besoins essentiels, et à renforcer leur pleine participation dans la gestion des conflits, le relèvement et la consolidation de la paix. L’agenda Jeunesse, Paix et Sécurité (JPS) à travers la résolution 2250 (et suivantes) de l’ONU demande
la prise en compte des besoins spécifiques des jeunes dans leur diversité (femmes, handicap etc.), l’appui à leurs initiatives ainsi que leur pleine participation au maintien de la paix et de la cohésion sociale notamment. Et la CEDEAO qui a été le premier organe à adopter un plan d’action régional en Afrique (actuellement à son deuxième) dispose d’un Mécanisme de Prévention, Gestion et Règlement des conflits intégrant une composante Femmes, Paix et Sécurité.
Cependant, ces dispositifs internationaux et régionaux favorables intégrés aux niveaux nationaux (notamment à travers les PANs) demeurent peu vulgarisés auprès des acteur·actrice·s locaux.ales et, on dénote un manque de priorisation politique des agendas FJPS, avec des lacunes juridiques, programmatiques et institutionnelles du niveau central au local ; tant en matière de coordination inclusive entre les divers intervenant·e·s et interventions, qu’en termes de suivi-évaluation et collecte des données, et de disponibilité de ressources financières et techniques suffisantes et adaptées. Surtout, les femmes et les jeunes pourtant disproportionnellement impacté·e·s par les conflits et les crises, demeurent largement écarté·e·s des instances décisionnelles, et sont encore trop peu partenaires stratégiques d’initiatives ciblées basées sur leurs besoins spécifiques. Dans le même temps, les chercheuses féministes développent une pensée critique sur cet agenda institutionnel, en soulignant notamment ses limites en termes de transformations structurelles des inégalités de genre.
La diplomatie féministe de la France souhaite contribuer à impulser la réduction des inégalités et violences fondées sur le genre, à travers notamment la mise en place du Fonds de soutien aux organisations féministes (FSOF), visant à renforcer les organisations féministes de la société civile. Dans ce cadre, l’accélération de la mise en œuvre et du suivi inclusifs de l’agenda FPS a été jugé prioritaire et, un appel à projets a été lancé par l’Agence Française De Développement (AFD) en mars 2022, à l’issue duquel le projet « Pour des agendas FéminISTES, Paix et Sécurité _ Africaines de l’ouest et du Sahel solidaires pour la paix (FPS) », porté par le consortium EQUIPOP (cheffe de file) – DIAKONIA SWEDEN (bureau du Burkina) – FEMMES ACTIONS ET DÉVELOPPEMENT (FAD au Niger) – GORÉE INSTITUT (au Sénégal) a été retenu.
Le projet « Pour des agendas féminiSTES, paix et sécurité _ Africaines de l’ouest et du Sahel solidaires pour la paix » (FPS) vise principalement à soutenir techniquement et financièrement les initiatives et le développement organisationnel des militantes (y compris des médias, des arts et de la culture), associations et réseaux féministes y compris de jeunes, intervenant en lien avec les thématiques des agendas Femmes, Jeunesse, Paix et Sécurité, dans six pays (Bénin, Burkina, Côte d’Ivoire, Niger, Tchad et Togo) et au niveau régional ; grâce à un dispositif de subventions multiformes, stratégiques, et flexibles.
L’appui financier accompagnant l’appui technique se fait à travers les subventions du projet réparties entre 3 fonds cumulables :
- les fonds EllesAct pour l’appui ponctuel aux actions des partenaires,
- les fonds DO-Tech pour le renforcement organisationnel et technique des récipiendaires,
- les fonds CollectivAct pour appuyer les actions collectives. L’objectif général du projet est que :
- dans les contextes de crise et de prévention en Afrique de l’ouest et au Sahel, la participation des femmes, y compris jeunes, et de leurs organisations et mouvements à la mise en œuvre et au suivi de l’agenda « Femmes, Paix et Sécurité », en nexus avec l’agenda « Jeunesse, Paix et Sécurité » progresse, dans une perspective féministe, et contribue à réduire les inégalités et violences fondées sur le genre, prévenir les conflits et consolider la paix.
Objectif spécifique 1 : contribuer d’ici 2026, à réduire les violences sexistes, améliorer les conditions de vie et les droits des femmes et des filles vivant en contextes de crise au Sahel
Objectif spécifique 2 : contribuer d’ici 2026, à empouvoirer les femmes et les jeunes ainsi que leurs organisations, mouvements, réseaux et médias œuvrant à la mise en œuvre et au suivi des agendas FPS et JPS
Objectif spécifique 3 : contribuer d’ici 2026, à renforcer la participation et l’action collectives (réseautage, mobilisation sociale et politique/plaidoyer, gestion des apprentissages/connaissances) des femmes, des jeunes, de leurs organisations, mouvements, réseaux et médias à la mise en œuvre et au suivi de l’agenda FPS en nexus avec l’agenda JPS
La théorie du changement du projet est que :
SI les actions des organisations de femmes, y compris de jeunesse, en faveur de l’égalité de genre, contre les violences sexuelles et sexistes, pour l’amélioration des conditions de vie, de la santé et des droits des filles et femmes vivant en contexte de crise sont davantage soutenues, SI les militantes et organisations de femmes intervenant en zone de crise ont renforcé leurs capacités, SI elles développent leurs synergies dans l’action collective en matière de plaidoyer et de gestion des apprentissages, ALORS la participation des femmes, y compris des jeunes, et de leurs organisations et mouvements à la mise en œuvre et au suivi de l’agenda Femmes, Paix et Sécurité et Jeunes, Paix et Sécurité progressera et contribuera à réduire les inégalités et violences fondées sur le genre, à prévenir les conflits et à consolider la paix.
Alors que le projet entre dans sa phase de finalisation, il s’avère important de documenter les succès, de donner de la visibilité aux actions des partenaires (OSC subventionnées et militantes) et de capitaliser sur les apprentissages collectifs pour notamment influencer les politiques publiques.
Dans cette optique, une équipe de consultance sera recrutée pour appuyer le processus de capitalisation, de documentation des résultats et de valorisation des acquis du projet.
II. OBJECTIFS DE LA MISSION
L’objectif principal est d’appuyer la visibilité et la diffusion des réalisations, acquis et apprentissages du projet FPS en démontrant la pertinence des stratégies d’intervention du consortium et de ses partenaires.
Objectifs spécifiques
OS1 : Produire des supports de communication (vidéos, visuels et / ou audios) mettant en avant les actions des partenaires et leur impact sur les acteur.ice.s de changement impliquées (femmes, jeunes, décideur.euse.s, médias, milieu académique et de la recherche, etc.), notamment la campagne régionale de plaidoyer ;
OS2 : Assurer la couverture communicationnelle de l’atelier de capitalisation finale, et un appui à celle des ateliers aux niveaux nationaux
OS3 : Documenter les apprentissages clés dans la mise en œuvre des activités du projet par les diverses parties prenantes impliquées (bailleur, consortium, partenaires récipiendaires, acteur.ice.s de changement mobilisé.e.s, etc.) notamment lors des ateliers de capitalisation finale (nationaux et/ou régional)
OS4 : Appuyer l’équipe de capitalisation dans le développement et la diffusion des produits de capitalisation des apprentissages clés du projet.
Résultats attendus
R1 : Des supports multimédias de haute qualité (vidéos, récits graphiques …) illustrant les changements concrets dans la vie des bénéficiaires est produit et diffusé.
R2 : Un document de capitalisation structuré, analysant les approches féministes innovantes et les leçons apprises du projet, est élaboré et partagé avec les acteur.ice.s stratégiques du secteur.
R3 : La contribution et l’expertise de chaque membre du consortium (Equipop, Diakonia, FAD, Gorée Institute) ainsi que le rôle des OSC locales sont valorisés à travers une campagne de visibilité cohérente et inclusive.
R4 : L’atelier régional de capitalisation finale, et ceux nationaux bénéficient d’une large audience et d’une couverture médiatique nationale et régionale (presse, TV, web).
III. TACHES ET RESPONSABILITES
L’équipe de consultance sera chargée, après cadrage des livrables exacts attendus avec l’équipe du comité de pilotage et les chargé.e.s de communication du consortium, de :
- Production de Contenus de communication – visibilité : Rédaction d’articles d’impact, réalisation d’un documentaire et/ou de capsules vidéo et/ou audio de témoignages de militantes et des OSC subventionnées, réalisation de photos des partenaires et actions du projet (ces produits peuvent capitaliser ceux produits par les partenaires du projet) ;
- Relations Presse : Rédaction d’au moins 01 communiqué de presse pour chaque pays du projet en lien avec les ateliers de capitalisation nationale, et un pour l’atelier régional de capitalisation finale ;
- Production de de supports de Capitalisation des apprentissages et changements : Conception d’un livret de capitalisation illustré (probablement sous forme de bande dessinée) présentant les résultats clés par pays (Bénin, Burkina, Côte d’Ivoire, Niger, Tchad, Togo) et au niveau régional ; réalisation de posters visuels de capitalisation des informations et apprentissages clés des projets dans les pays et au niveau global/régional.
IV. LIVRABLES ATTENDUS
- Une stratégie et un plan d’actions détaillé de communication et capitalisation, suite à l’atelier de cadrage au démarrage de la prestation ;
- Au moins 03 articles à publier sur les sites web des OSC du consortium ;
- Au moins 07 communiqués de presse (01 par pays et un global / régional) ;
- 01 documentaire et/ou au moins 07 capsules vidéo et/ou au moins 07 audios de success stories / témoignages de militantes et des OSC subventionnées dans les six pays du projet et au niveau régional (en français sous-titré en anglais) ;
- Au moins 20 photos de haute qualité illustrant les activités et partenaires en action du projet ;
- 07 posters visuels de capitalisation des informations et apprentissages clés des projets (un par pays, et un global / régional), (en français et en anglais) ;
- 01 livret illustré (probablement type bande dessinée) de capitalisation des apprentissages féministes sur les agendas FPS/JPS ;
- 01 rapport final de mission incluant une revue de presse.
V. BUDGET
30 000 euros (tous frais inclus ; sauf la prise en charge de deux déplacements internationaux / régionaux et les per diem relatifs, pour la participation à l’atelier régional de capitalisation finale, ainsi que la prise en charge du déplacement local et de la restauration pour la participation aux ateliers nationaux de capitalisation, ces derniers étant budgétisés par ailleurs).
VI. EXPERTISE RECHERCHÉE
Il est recherché une équipe de consultant.e.s (à minima un binôme), composée de consultant.e.s régionaux.ales / internationaux.les, et de consultant.e.s résidant dans un des pays de l’action.
- Diplôme supérieur (Bac+4/5) en Communication, Journalisme, Sciences Sociales ou tout domaine pertinent ;
- Expérience significative d’au moins 07 ans dans la communication et la capitalisation (méthode participative) de projets pluriacteurs.rices de développement et/ou humanitaire (joindre au moins trois productions) ; capacités avérées en production de contenus multimédias ;
- Excellente connaissance des enjeux liés au genre, aux droits des femmes, aux droits humains et aux approches féministes ;
- Connaissance des contextes des pays du projet, Ouest-Africain et du Sahel, des mouvements de jeunesse, de femmes, des OSC ainsi que des réseaux de la région.
- Connaissance des enjeux liés aux agendas FPS et JPS serait un atout ;
- Connaissance des approches orientées sur l’analyse du changement des acteurs.rices (théorie du changement, AOC, mesure de l’utilité social…) serait un atout majeur ;
- Connaissance en matière de développement organisationnel et technique des OSC de taille intermédiaire serait un atout ;
- Connaissance des méthodologies du design thinking et des compétences en gestion de l’interculturalité seraient appréciées ;
- Des compétences rédactionnelles reconnues
- Maîtrise parfaite du français (écrit et oral) et capacité à produire les livrables en anglais également, connaissance des langues des pays du projet serait un atout.
VII. DURÉE ET CALENDRIER
La mission est prévue pour une durée de 05 mois couvrant la période de Juillet à Novembre 2026.
- Lancement de l’appel d’offre : début Juin
- Sélection d’une équipe : fin Juin
- Réunions de cadrage avec le consortium, et partage des documents ressources du projet (cheffes projet, chargé.e.s de communication et chargé.e.s de capitalisation) : à partir de la première quinzaine de Juillet, puis réunions périodiques de suivi au moins 01 fois par mois jusqu’à la fin de la mission de consultance
- Partage de la note de cadrage finale (stratégie, plan d’actions, méthodologies / partenaires impliqué.e.s / outils de collecte, livrables, calendrier et budget) : deuxième quinzaine de Juillet
- Missions de collecte, entretiens et participation aux ateliers de capitalisation finale (présentielles et/ou à distance) : de Juillet à Octobre (dont au moins 01 présentielle dans un pays du Golfe de Guinée et 01 pays du Sahel)
- Remise des livrables : de Juillet à Novembre
- Remise du rapport final provisoire : première quinzaine de Novembre
- Remise du rapport final définitif, avec son résumé / digest de maximum 10 pages et son PPT de présentation synthétique : deuxième quinzaine de Novembre
- Restitution aux partenaires et PTF (atelier en ligne, ou hybride selon le budget du consortium disponible en fin de projet) : Fin Novembre
VIII. METHODOLOGIE PROPOSEE
L’équipe de consultance proposera une approche participative et inclusive, impliquant l’ensemble des parties prenantes du projet (consortium, partenaires récipiendaires y compris stratégiques, membres du comité stratégique, autres partenaires notamment institutionnels.le.s). La mission débutera par une analyse des besoins et des outils existants, suivie de l’élaboration d’une stratégie et d’un plan de communication et de capitalisation adaptés au contexte régional. La mise en œuvre privilégiera des contenus contextualisés, sensibles au genre et aux dynamiques locales. Des points de suivi collectif réguliers permettront d’ajuster les actions et d’assurer la qualité des livrables.
En tant que commanditaire, Equipop (cheffe de file du consortium du projet FPS) a pour rôle d’organiser, de coordonner et de s’assurer du bon déroulement de l’exercice selon les étapes et actions définies. Elle est chargée du recrutement (en collaboration avec les autres membres du consortium) et de la contractualisation avec l’équipe de consultance. Elle facilitera la prise de contact avec les diverses parties prenantes impliquées. Equipop, avec l’appui des partenaires du consortium et récipiendaires, doit aussi faciliter le travail de collecte des données en mettant à disposition les documents nécessaires.
Dans une dynamique de travail collectif, le COPIL (comprenant les 04 OSC du consortium du projet FPS) fait office de Comité de pilotage de cet exercice. Les rôles dévolus aux membres du Copil sont notamment de finaliser les TDR, d’appuyer Equipop dans la sélection de l’équipe de consultant.e.s puis son cadrage continu vers l’atteinte des objectifs de l’exercice, et de collaborer avec l’équipe de consultance dans la mise en oeuvre des activités dans les pays du projet relevant de leur responsabilité. Le Copil sera également responsable de faire des retours constructifs sur les livrables tout au long de l’exercice, et de contribuer à la finalisation de la rédaction des produits finaux de communication et de capitalisation, avant de les valider collectivement.
IX. MODALITÉS DE SOUMISSION
Les dossiers de réponse doivent contenir entre 10 et 15 pages maximum (sans les CV) et comprendre :
1/ Une offre technique incluant :
- une note méthodologique ;
- les CV détaillés actualisés des consultant.e.s, avec des références pertinentes ;
- exemple(s) de travaux précédents, publications en lien avec les thématiques de l’exercice
- pièces d’identité physique et fiscale du soumissionnaire (copie carte d’identité, copie du registre de la chambre du commerce et du Numéro d’identification fiscal, et si applicable preuve d’assujettissement à la TVA).
2/ Une offre financière détaillée.
Les dossiers sont à envoyer par mail aux adresses électroniques suivantes : josette.aisse@equipop.org, fatim.diallo@equipop.org, samiratou.ongfad@gmail.com, siddo.ongfad@gmail.com et priscille.banse@equipop.org, avec cc à nathalie.perrotin@equipop.org, marilou.ongfad@gmail.com, romance.hounkpatin@equipop.org, desire.yerbanga@diakonia.se, rukia.bakari@goreeinstitut.org, perrine.duroyaume@equipop.org, helene.menard@equipop.org ; avec l’objet “Consultance Communication et Capitalisation projet FPS AO Sahel ”, au plus tard le 17 Juin 2026 à 18h00 (GMT).
X. CRITÈRES D’ÉVALUATION DU DOSSIER ET CONDITIONS CONTRACTUELLES
Les critères suivants seront privilégiés lors de l’évaluation des propositions :
- 40% Composition et expérience de l’équipe
- 40% Proposition technique et méthodologique
- 20% Proposition financière (honoraires et budgétisation des activités dont déplacements et autres frais de réunions, focus group, etc.) Le contrat précisera les livrables, le calendrier, les modalités de paiement et les obligations de confidentialité.