À quelques jours des élections municipales de 2026, Equipop publie un document pour attirer l’attention sur un enjeu majeur mais quasi absent de la campagne des municipales : le rôle des communes dans la protection des droits des femmes et des personnes LGBTQIA+, du local à l’international. Dans un contexte marqué par la montée des discours réactionnaires et la baisse des financements associatifs, les villes doivent devenir des territoires de résistance et d’innovation. Ce livret vise à outiller les équipes municipales en campagne et les futur·e·s élu·e·s, mais aussi les citoyen·ne·s, à qui ces élu·e·s devront rendre des comptes, et les médias, qui ont la responsabilité de couvrir ces élections et, tout au long de l’année, d’informer le grand public sur les enjeux démocratiques liés à l’égalité de genre et aux droits des femmes.
Les communes, un échelon de confiance et d’action
68 % des Français·es font confiance à leur maire, soit le taux le plus élevé parmi tou·te·s les élu·e·s, ce qui fait des municipalités un vivier d’engagement et de vitalité démocratique locale à même de mettre en place des actions concrètes, et notamment concernant la diplomatie féministe.
En effet, la diplomatie féministe ne se limite pas aux ministères ou aux sommets internationaux : elle se vit aussi dans les rues, les écoles, les centres de santé et les conseils municipaux. D’autant que les municipalités disposent de leviers concrets : financement des associations, politiques de santé, aménagement des espaces publics, éducation, diplomatie des villes. Ces élections sont l’occasion d’exiger des équipes municipales de faire de l’égalité une priorité transversale, et non un simple slogan.
Les municipales sont un levier décisif pour l’égalité et la diplomatie féministe
Les élections municipales représentent un levier essentiel pour promouvoir l’égalité et une diplomatie féministe, notamment face au backlash. Ce terme désigne les réactions violentes et organisées de mouvements conservateurs ou masculinistes qui, chaque fois que les droits des femmes et des personnes LGBTQIA+ progressent, cherchent activement à saper ces avancées et à faire reculer les droits existants. Dans ce contexte, les villes se trouvent en première ligne, tant comme espaces de résistance qu’actrices de solidarité. A Chicago ou Minneapolis, par exemple, des maires refusent d’appliquer des lois fédérales anti-immigration, démontrant ainsi leur capacité à s’opposer aux politiques discriminatoires. Une ville peut cofinancer un centre d’accueil pour les femmes victimes de violences, organiser des campagnes de sensibilisation sur les droits sexuels et reproductifs, soutenir des initiatives internationales, en établissant des partenariats de coopération décentralisée, et en s’engageant dans des réseaux de villes solidaires pour résister aux politiques réactionnaires. C’est en tissant des solidarités à tous les échelons; local, national et international; que les droits des femmes seront protégés et que les mobilisations féministes et citoyennes pourront obtenir de nouvelles avancées sociétales, en France et dans le monde.
Comment agir dès maintenant ?
Les élections municipales de 2026 détermineront la capacité des territoires à résister au recul des droits et à promouvoir une société plus juste. Face au backlash, les villes peuvent être des espaces de protection, d’innovation et de solidarité internationale.
Découvrez comment agir dans notre livret : Face au backlash, des villes solidaires avec les femmes du monde entier.
Pour les équipes municipales :
- Investir dans les politiques publiques qui comptent pour les femmes
- Garantir l’accès aux droits et à la santé sexuels et reproductifs dans les villes
- Intégrer l’égalité dans les choix budgétaires
- Mettre en oeuvre une diplomatie des villes pour les droits des femmes et des personnes LGBTQIA+
- Ancrer une culture de l’égalité au sein des équipes municipales
- Co-construire les politiques municipales avec les associations féministes
- Assurer un soutien financier pérenne aux associations féministes
- Encourager et valoriser l’engagement associatif et citoyen à l’échelle locale
Pour les électeur·rice·s :
- Interroger les candidat·e·s sur leurs engagements en matière d’égalité et de solidarité internationale.
- Etre attentives et attentifs à l’intégration des droits des femmes, de l’égalité de genre et de la diplomatie féministe dans les programmes puis dans les politiques municipales mises en oeuvre.
- Relayer les propositions des associations locales et participer aux réunions publiques.
Pour les médias et journalistes :
- En période électorale, briser les stéréotypes et diversifier les perspectives et prises de parole : éviter les biais sexistes dans le traitement des candidat·e·s et des expert·e·s et donner la parole aux femmes et personnes LGBTQIA+, et notamment celles issues de groupes marginalisés.
- Intégrer l’égalité dans tous les débats : interroger systématiquement les candidat·e·s sur leurs engagements pour l’égalité de genre et assurer une visibilité égale entre femmes et hommes dans la couverture médiatique, en invitant notamment des expertes féministes pour enrichir les analyses.
- Connaître et rappeler le cadre juridique relatif aux discours de provocation ou d’incitation à la haine, à la discrimination et à la violence notamment sexistes, racistes, homophobes et transphobes. Veiller à ne pas présenter comme des opinions ordinaires des propos ou programmes politiques qui remettent en cause les droits humains.
- Documenter, publier et relayer des analyses et des décryptages de la montée de l’extrême droite et des mouvements anti-droits en général, ainsi que de leur influence au niveau municipal et de leurs liens avec des réseaux au niveau national, européen et international.
Pour plus d’informations: Rapports Equipop : Journalistes et Féministes: Mieux informer pour préserver la démocratie et Rapport recommandations action des médias en période électorale.