Sur la route de Madrid : mobiliser pour une politique étrangère féministe

À l’occasion de la #CSW70, Equipop et les partenaires de Walking the Talk* ont soutenu l’événement “The Road to Madrid: Powering Momentum for Feminist Foreign Policy”, organisé avec le Collectif pour une politique étrangère féministe (le Collectif) et FEMNET en tant que membres du Réseau mondial des partenaires pour une politique étrangère féministe.

Cette rencontre visait à nourrir les réflexions en amont de la 5ᵉ Conférence ministérielle sur les politiques étrangères féministes et l’égalité des genres : construire la paix et la démocratie, qui se tiendra à Madrid le 2 et 3 juin 2026. L’événement a réuni des représentant·e·s de gouvernements, d’organisations féministes et de la société civile afin de discuter des priorités pour faire progresser la diplomatie féministe dans un contexte international marqué par de nombreuses tensions.

Plusieurs éléments clés ont émergé des discussions :

Le contexte international : Yasmine Janah (Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, Gouvernement de la France) a rappelé que la France a adopté en mars 2025 une stratégie définissant pour la première fois une approche de diplomatie féministe. Cette dynamique s’inscrit également dans des moments clés pour l’agenda international, notamment les 25 ans de l’agenda Femmes, Paix et Sécurité et les 30 ans de la Déclaration de Beijing.

Le rôle des États dans la promotion de la diplomatie féministe : Ana Paula Lavalle Arroyo (Mission permanente du Mexique auprès des Nations Unies) et Ana María Alonso Giganto (Ambassadrice pour la politique étrangère féministe, Gouvernement d’Espagne) ont souligné l’importance de renforcer la coopération internationale et la participation de la société civile, dans un contexte où les démocraties sont fragilisées et où les priorités budgétaires se déplacent parfois de la justice sociale vers les dépenses militaires. 
Dans ce cadre, le Gouvernement espagnol souhaite intégrer les priorités et initiatives de financement qu’il a promues en tant que pays hôte de la 4ᵉ Conférence internationale sur le financement du développement, l’année dernière, dans la préparation de la 5ᵉ Conférence ministérielle, avec l’aide de la société civile.

Le financement et les priorités politiques : Jim Monkel (Hivos – Walking the Talk) et Carole Ageng’o (FEMNET) ont insisté sur la nécessité de placer la justice de genre et l’intersectionnalité au cœur des politiques publiques, tout en rappelant le rôle central des organisations féministes dans la mise en œuvre concrète de ces agendas.

Repenser la sécurité : Carla Akil (Asfari Institute for Civil Society and Citizenship, American University of Beirut) a souligné l’importance de passer d’une logique de sécurité militaire à une approche de sécurité humaine, qui s’attaque aux inégalités structurelles et renforce le rôle de la société civile dans les efforts de paix.

Les discussions ont également mis en lumière un enjeu majeur : le financement des organisations féministes, qui restent en première ligne dans les réponses humanitaires et les actions pour la paix, tout en recevant une part très limitée des financements. Un appel a été lancé pour des financements plus flexibles, à long terme et adaptés aux contextes de crise et de conflit.

Ces échanges contribueront à alimenter les réflexions en vue de la conférence de Madrid. Au nom du Réseau mondial des partenaires pour une politique étrangère féministe, le Collectif consolidera les réflexions et recommandations partagées par les participant·es avec le Ministère des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération du Gouvernement de l’Espagne, l’organisateur de la conférence. Les organisations de la société civile travailleront dans les prochaines semaines à la rédaction d’une note collective rassemblant leurs recommandations et priorités. Cette coordination du plaidoyer sera essentielle pour porter des demandes communes et contribuer à façonner la future déclaration politique, notamment autour d’engagements politiques et financiers concrets en faveur de l’égalité de genre et des politiques étrangères féministes.


* Walking the Talk vise à promouvoir l’adoption et la mise en œuvre de politiques étrangères féministes et de l’égalité de genre en Allemagne, en France, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et dans l’Union européenne. En d’autres termes, des politiques étrangères inclusives qui défendent l’égalité de genre et reflètent les voix des femmes et des personnes LGBTIQ+ du Sud. Pour y parvenir, le programme préconise une augmentation de l’aide publique au développement (APD) consacrée à l’égalité de genre et aux droits des femmes, en particulier le financement d’organisations féministes progressistes et intersectionnelles dans le Sud.

Pour aller plus loin

21 décembre 2023

Walking the Talk est un programme en consortium qui veut pousser l’adoption et la mise en œuvre de politiques étrangères féministes et de politiques d’égalité de genre en Allemagne, France,

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