Un cadre d’apprentissage participatif et engagé
Dans un contexte marqué par la persistance des inégalités de genre, des violences systémiques et des conflits, renforcer les capacités des acteur·ice·s féministes demeure un levier essentiel pour des actions transformatrices et durables. C’est dans cette optique que le Consortium Diakona – Equipop – FAD – Gorée Institute, dans le cadre du projet « Pour des agendas féministes, Femmes, Paix et Sécurité », a réuni au Togo des partenaires, militant·e·s féministes, membres de mouvements ou d’organisations de la société civile autour d’un espace collectif d’apprentissage, de réflexion critique et de partage d’expériences.
À travers un programme intensif de cinq jours, combinant travaux de groupes, discussions réflexives et jeux de rôles, les représentant·e·s du Consortium, Equipop en tant que cheffe de file et le Gorée Institute, avec l’appui de WANEP-Togo, partenaire stratégique national, et de l’OSC récipiendaire Tchowoure Empowerment, ont animé, du 02 au 06 février 2026, deux ateliers portant sur les approches féministes et le plaidoyer féministe.
Un objectif clair et simple : renforcer les capacités, les consciences et les engagements des participant·e·s autour des approches féministes et du plaidoyer en faveur des droits humains, de la justice sociale et de la consolidation de la paix.
Revenir aux fondamentaux, à notre histoire, pour mieux transformer
Cet espace ayant réuni une trentaine d’activistes, a permis de revisiter et d’approfondir des concepts clés tels que le genre, l’intersectionnalité, le patriarcat, la militarisation, le continuum des violences et les féminismes, en les reliant aux réalités vécues sur le terrain. Les échanges ont également été l’occasion de reconnaître le rôle central, trop souvent et largement des femmes mis sous silence, dans les luttes de résistance, les processus d’indépendance et la construction de la paix, tout en analysant les mécanismes historiques, politiques et sociaux à l’origine de leur invisibilisation et marginalisation.
Maîtriser les cadres et instruments existants pour renforcer la redevabilité
Les discussions ont en outre mis en lumière l’importance stratégique de la maîtrise des cadres juridiques, politiques et institutionnels aux niveaux international, régional et national. Parmi eux : les agendas Femmes, Paix et Sécurité (FPS) et Jeunesse, Paix et Sécurité (JPS) et leurs Plans d’Action Nationaux, le Protocole de Maputo, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF), le Pacte international des droits civiques et politiques (PIDC) et le pacte international des droits économiques et socio-culturels (PIDESC).
L’appropriation de ces instruments est apparue comme un préalable essentiel pour mieux les opérationnaliser dans les actions quotidiennes et renforcer les dynamiques de redevabilité des États et des institutions.
Se remettre en question pour des messages et actions cohérents et durables
Au-delà de l’acquisition de connaissances, ces ateliers ont constitué un temps fort de remise en question collective. Les échanges ont permis d’interroger nos responsabilités en tant que féministes et activistes, de reconnaître l’existence de privilèges parfois difficiles à déconstruire, même au sein de mouvements engagés pour l’égalité et la justice sociale. Cette prise de conscience est apparue comme une condition indispensable pour bâtir des mouvements plus inclusifs, cohérents et véritablement transformateurs.
Il est donc important pour tout un chacun de questionner ses pratiques, de désapprendre les héritages coloniaux pour imaginer ensemble des luttes ancrées dans les réalités de nos communautés, fondées sur la solidarité et la justice sociale.
De l’analyse à l’action structurée et pérenne de justice sociale
Les travaux participatifs ont également permis de nommer et de reconnaître les violences multiples et systémiques subies majoritairement par les filles et les femmes, tout en identifiant des pistes concrètes de résistance et de transformation.
Ces ateliers ont enfin suscité des engagements individuels et collectifs forts, traduisant une volonté partagée de passer de l’analyse à l’action, dans une dynamique autocritique, réflexive et solidaire, résolument tournée vers la transformation des rapports de pouvoir.