– 51ème commission sur la Population et le Développement : pas de consensus pour la 2ème année consécutive

La 51ème Commission sur la Population et le Développement* de l’ONU (CPD 51) s’est achevée vendredi sur un achoppement des négociations. Le point principal de cristallisation des tensions entre Etats demeure les droits sexuels, auxquels est venue s’ajouter cette année la question des migrations. Ce revers renforce la détermination d’Equipop à oeuvrer en faveur de l’adoption d’un langage ambitieux sur les DSSR à la tribune des Nations Unies, notamment en facilitant la participation de la société civile africaine aux processus onusiens.

Depuis plusieurs années à la CPD, les négociations sont tendues autour du concept de “santé sexuelle et reproductive et droits reproductifs”, le concept de droits et santé sexuels et reproductifs (DSSR) – qui inclut les droits sexuels – ne faisant pas partie du langage agréé à l’ONU. Cette année encore, c’est ce sujet qui a cristallisé les tensions, tant les points de vue diffèrent entre les pays très conservateurs (États-Unis, Vatican, Groupe Africain) et les pays progressistes, notamment européens. Le thème de cette 51ème commission “Villes durables, mobilités urbaines et migrations internationales” a complexifié encore davantage le débat. En effet, la problématique migratoire a divisé, entre autres, les pays de l’Union Européenne habituellement d’accord.

Lors de la cérémonie de clôture, les États Unis ainsi que le Groupe Africain ont délivré des discours dans lesquels une tentative a été faite de faire porter l’échec des négociations aux pays européens, ces derniers rejeté un paragraphe sur la souveraineté des  États. La réalité est toute autre : ce sont les États Unis qui n’ont pas accepté du langage pourtant agréé aux Nations Unies en matière de santé sexuelle et reproductive, notamment lors de la 62ème Commission sur le Statut des Femmes, qui a eu lieu en mars dernier.

L’échec des négociations est une conséquence directe du changement de gouvernement américain, et rend le plaidoyer pour les DSSR encore plus important à tous les niveaux. Equipop continuera dans les années à venir à pousser pour des textes internationaux toujours plus progressistes.

Par ailleurs, et pour la deuxième année consécutive, Equipop a participé à une démarche d’accompagnement de la société civile ouest africaine à l’ONU, avec la participation du pôle plaidoyer Afrique de l’Ouest d’Equipop, de SOS/JD ainsi que de personnes de la société civile ivoirienne. Ces initiatives nous paraissent essentielles pour faire entendre la voix des sociétés africaines, trop peu souvent entendues au sein des tribunes internationales.

*Cette Commission est chargée d’examiner les progrès accomplis depuis l’adoption en 1994 du Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) au Caire , qui a établi l’importance de la santé sexuelle et reproductive et du bien-être des populations.

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