– Éducation complète à la sexualité : L’UNESCO renforce l’élan

– Éducation complète à la sexualité : L’UNESCO renforce l’élan

L’UNESCO vient de publier un guide technique sur l’éducation complète à la sexualité. S’inscrivant pleinement dans le cadre d’un développement international respectueux des droits humains et de l’égalité de genre, ce document consacre l’éducation complète à la sexualité comme approche essentielle à la réalisation effective des 17 Objectifs de Développement Durable (ODD). Les préconisations de ce rapport viennent enrichir cette approche défendue par de nombreuses associations, dont Equipop.

Dix ans après la première édition, l’UNESCO a rendu publique le 10 janvier 2018 une version actualisée du document intitulé “Principes directeurs internationaux sur l’éducation sexuelle”, produite en collaboration avec ONUSIDA, le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), ONU-Femmes et l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

 

Un guide des meilleures pratiques internationales 

Ce document de 140 pages est présenté par l’UNESCO comme un guide des meilleures pratiques internationales. Ne prétendant pas à l’universalité, il appelle à une adaptation au niveau local des recommandations formulées. La Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, précise : « Ces Principes directeurs internationaux qui s’appuient sur les dernières données scientifiques, réaffirment la place de l’éducation sexuelle dans le cadre des droits humains et de l’égalité des genres ».

Divisé en six parties principales, le rapport propose une définition fouillée de l’éducation complète à la sexualité (ECS), et souligne sa pertinence et son efficacité vis-à-vis des besoins des jeunes en matière de droits et santé sexuels et reproductifs. Ayant vocation à servir de ressource pour les individus et les organisations oeuvrant dans ce domaine, le rapport consacre également une partie aux recommandations visant à mobiliser en faveur de l’ECS. Une des orientations à retenir est la nécessité d’identifier des “champion·ne·s” en mesure de sensibiliser leur communauté. Cette approche dite de mobilisation sociale, qui s’applique évidemment à d’autres champs que l’ECS, est considérée comme cruciale par Equipop, qui la met en pratique dans la plupart de ses projets, et notamment dans le cadre de sa campagne Génération PF.

Enfin, l’objectif principale de ce guide est de permettre la généralisation des programmes et des politiques relatives à l’ECS, il se conclut sur des recommandations liées à la conception et la mise en oeuvre de programmes d’ECS à destination des pouvoirs publics (Ministères de la Santé, de l’Education etc.). Dans cette perspective, la nécessité d’impliquer l’ensemble des parties prenantes (jeunes, parents/familles, autres membres de la communauté concerné·e·s etc.) à toutes les étapes d’élaboration des modules d’ECS est notamment mise en avant .

 

Des recommandations à appliquer en Afrique de l’Ouest

A l’heure où 64% de la population d’Afrique de l’Ouest et Centrale a moins de 24 ans et où 52% des filles de 15 à 19 ans ont déjà eu des rapports sexuels, dont 95% sans méthode contraceptive*, favoriser l’accès à une éducation sexuelle complète et de qualité s’avère capital. Equipop avait également identifié l’ECS comme une clé du changement social en Afrique de l’Ouest, et ce nouveau guide de l’UNESCO fournit des éléments de référence supplémentaires très précieux pour accélérer le processus, car ils sont particulièrement pertinents dans le contexte ouest-africain.

Cibler les jeunes constitue un levier fondamental pour la diminution des comportements sexuels à risque (non-recours à la contraception, non-protection contre les IST etc.). L’ECS concourt également à la réalisation de l’égalité femmes-hommes via la réduction des stéréotypes et des discriminations fondées sur le genre et l’orientation sexuelle.

 

Le rapport est disponible ici (uniquement en anglais). 

 

*Données tirées du rapport “Adding it up: cost and benefits of meeting the contraceptive needs of adolescents.” (Darroch, J.E.&al, 2016. Institut Guttmacher)

Crédit de la photographie : UNPhoto, Marco Dormino