Equipop

Nos actualités

– Réactive – G7 santé : réaction de la société civile

A l’issue de deux jours de rencontres les 16 et 17 mai, les Ministres de la santé des pays membres du G7 ont adopté une déclaration réitérant leur engagement en faveur d’une action inclusive et durable pour la santé mondiale, une déclaration de bonnes intentions, sans véritable engagement financier où les droits et la santé sexuels et reproductifs sont aux abonnés absents.

Les associations des 7 pays membres réunies autour du C7 (Civil 7)[1] et du W7 (Women 7)[2] se félicitent de l’engagement du G7 de maintenir la santé mondiale comme priorité politique au plus haut niveau et de soutenir le succès financier de la Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme qui se tiendra le 10 octobre prochain à Lyon.

« Alors que les pays du G7 représentent près de 80% des ressources totales du Fonds mondial, aucun pays n’a saisi l’occasion de cette réunion pour annoncer un engagement financier précis et anticipé. Cela aurait permis d’envoyer un signal politique fort aux autres donateurs et de mobiliser l’ensemble de la communauté internationale en faveur de la lutte contre les pandémies et de l’accès aux soins pour tous et toutes. », déplore Bruno Rivalan, directeur exécutif adjoint d’Action Santé Mondiale et représentant du C7.

Nos associations déplorent également que les Ministres de la santé du G7 aient évité les sujets qui fâchent, notamment les droits et la santé sexuels et reproductifs. C’est pourtant l’un des outils clés des soins de santé primaires et de lutte contre les inégalités en santé, qui était déjà le grand absent de la Ministérielle genre la semaine dernière. « Comment parler d’égalité femmes-hommes sans s’engager sur les droits fondamentaux des femmes et des filles à disposer de leur corps ? » alerte Aurélie Gal-Régniez, directrice exécutive d’Equipop et représentante du W7. « L’actualité souligne le fait que l’accès à l’avortement recule dans de nombreux États. Les États du G7 qui, comme la France, ont une position diplomatique forte d’un point de vue rhétorique, doivent désormais dégager des financements supplémentaires pour défendre concrètement les DSSR des femmes – dans le cadre du G7 ou en dehors ».

Nos associations saluent la priorité donnée aux soins de santé primaires, l’outil le plus efficace pour lutter contre les inégalités de santé, notamment liées au genre, et pour assurer à chacun.e la réalisation de son droit à la santé. Mais aujourd’hui les patient.e.s paient plus pour les soins de santé primaires que les bailleurs et les gouvernements combinés. Il faut aller au-delà d’une plateforme de partage d’expérience, et s’assurer que les pays du G7 augmentent leurs financements en faveur des soins de santé primaires et ciblent en priorité les populations exclues et vulnérables.

Les associations du C7 et du W7 appellent les chef.fe.s d’État et de gouvernement à prendre des engagements politiques et financiers concrets et ambitieux en faveur de l’accélération de l’atteinte de l’ODD 3 lors du Sommet G7 à Biarritz en août. Au-delà des déclarations politiques, l’atteinte de l’ODD 3 visant à assurer la bonne santé et le bien-être de tous.tes nécessitera des efforts financiers ambitieux de chaque pays. En tant que principaux donateurs de l’aide au développement en santé, les pays du G7 ont ici un rôle crucial à jouer, notamment dans les pays à faible et moyen revenu.


[1] Le C7 (Civil 7) est un groupe d’engagement du G7 rassemblant quelques 170 organisations de la société civile et associations des pays membres du G7. En 2019, lors de la présidence française, il a pour chef de file Coordination SUD et ses travaux visent à promouvoir ses recommandations auprès des décideurs du G7 sur la lutte contre les inégalités à travers l’égalité femmes-hommes, le climat et l’environnement, l’éducation, la santé, la sécurité alimentaire, l’agriculture et la nutrition, la paix et la sécurité, le financement du développement et la justice fiscale.

[2] Le W7 (Women 7) rassemble des organisations féministes des pays du G7 et du monde entier. Sa mission principale est de s’assurer que les pays du G7 prennent des engagements tant financiers que politiques en 2019 et au-delà, qui permettront d’avoir un impact concret et durable sur la vie des femmes et des filles partout dans le monde. Pour en savoir plus : feministscount.org

Contacts presse :

Nicolas Rainaud, responsable plaidoyer, Equipop pour le W7, nicolas.rainaud@equipop.org

Bénédicte Bimoko, chargée de communication, Coordination SUD – 01 44 72 03 78, bimoko@coordinationsud.org

Margot Jaymond, chargée de plaidoyer, Action Santé Mondiale pour le C7 – 09.83.25.40.71, mjaymond@ghadvocates.org

– Communiqué de presse – Liberté des femmes et des filles à disposer de leur corps : un droit non négociable

A la veille de la rencontre des Ministres du G7 sur la santé, le mouvement Women 7 attend de la France et des autres Etats progressistes qu’ils tiennent une ligne ferme en faveur des droits et de la santé sexuels et reproductifs des femmes et des filles.

Vendredi 10 mai, les Etats du G7 ont adopté une déclaration ministérielle pour faire de l’égalité entre les femmes et les hommes une grande « cause mondiale ». Si l’on peut se réjouir de l’affichage d’un front commun du G7 sur ces questions, la clôture de la ministérielle avait un goût de semi-défaite. Caren Marks, Secrétaire d’État au Ministère allemand de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse, a dénoncé l’absence des droits et de la santé sexuels et reproductifs (DSSR) dans la déclaration conjointe, faute de consensus. La veille, le mouvement W7, qui réunit une centaine d’organisation féministes du monde entier, avait remis ses recommandations aux ministres de l’égalité femmes-hommes du G7 et rappelé avec force l’importance de garantir l’accès à l’éducation à la sexualité, à la contraception et à l’avortement sûr et légal. « L’accès universel aux droits sexuels et reproductifs est la condition première de l’émancipation des femmes », résume Catherine Giboin, Vice-présidente de Médecins du Monde.

Ces appels doivent être entendus par les Ministres de la Santé des pays du G7 qui se réunissent à Paris les 16 et 17 mai. C’est une question de droits humains fondamentaux, tout autant qu’un enjeu majeur de santé publique. Dans le monde, chaque année, 99 millions de grossesses ne sont pas voulues, dont plus de 80% sont directement liés à des besoins non satisfaits en contraception[1]. La conséquence, ce sont 25 millions d’avortements non sécurisés pratiqués chaque année[2]. Plus les lois sont restrictives, et plus les taux d’avortement non sécurisés sont élevés. « Ce déni tue les femmes et bafoue leurs droits fondamentaux à décider de leur sexualité », rappelle Véronique Séhier, Co-présidente du Planning Familial.

Comment parler d’égalité des sexes en éludant volontairement la liberté à disposer de son corps ? Comment renforcer l’accès aux soins de santé primaires et réaliser les objectifs de développement durable sans intégrer les questions de santé sexuelle et reproductive ? Comment lutter contre les violences sexuelles et sexistes et contre le VIH/sida sans promouvoir une éducation complète à la sexualité ? 

« La France est doublement attendue sur ce sujet : d’abord, parce qu’elle a décidé de faire de l’égalité femmes-hommes une grande priorité de sa présidence du G7 et ensuite, parce qu’elle affirme défendre une diplomatie féministe » explique Aurélie Gal-Régniez, Directrice exécutive d’Equipop. Forte de ce positionnement, la France n’avait pas hésité fin avril à dénoncer la position de l’administration Trump à l’ONU qui s’opposait à un projet de résolution sur le viol comme arme de guerre. « Pour être cohérente, la France doit tenir le même discours dans toutes les instances ».

Le Président Macron avait annoncé vouloir des « résultats concrets » pour ce G7. En écartant les sujets qui fâchent, les chef·fe·s d’Etats risquent de passer à côté des vrais leviers de l’égalité femmes-hommes. En tant que présidente du G7, la France a une responsabilité : éviter les compromis creux qui n’auront aucun impact réel sur la vie des femmes et des filles, voire un effet négatif ; et qui pourraient créer un précédent au sein du G7 en entérinant un standard de diplomatie féministe au rabais. Comme l’a justement souligné Dr. Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix et membre du Conseil consultatif du G7 sur l’égalité entre les femmes et les hommes : « Quand on fait du vagin un tabou, ça permet de l’utiliser d’une mauvaise façon ».  Le mouvement W7 restera mobilisé et vigilant pour que le G7 protège et fasse avancer tous les droits des femmes et des filles, haut et fort.


[1] Guttmacher, 2018

[2] OMS, 2017

Le Mouvement Women 7

Le Women 7 (W7) rassemble des organisations féministes des pays du G7 et du monde entier. Notre mission principale est de nous assurer que les pays du G7 prennent des engagements tant financiers que politiques en 2019 et au-delà, qui permettront d’avoir un impact concret et durable sur la vie des femmes et des filles partout dans le monde.

Contacts presse :

Lucie DANIEL, Experte plaidoyer, Equipop : lucie.daniel@equipop.org | 01 85 08 05 20

Véronique Séhier, Co-présidente, Le Planning Familial : veronique.sehier@planning-familial.org | 06 86 65 25 19

Insaf REZAGUI, Médecins du Monde : insaf.rezagui@medecinsdumonde.net | 01 44 92 14 86

– Recommandations du Women 7

Plus de 400 militant·e·s féministes du monde entier réuni·e·s à Paris les 09 et 10 mai 2019, ont remis leurs recommandations aux ministres de l’Égalité du G7 .

Le Women 7 appelle les leaders du G7 à adopter des politiques nationales et une politique étrangère réellement féministes et transformatives des rapports de pouvoir patriarcaux traditionnels.

Pour cela, les Etats du G7 doivent activer deux leviers en priorité, sans lesquels toute promesse politique pour l’égalité entre les femmes et les hommes sera vaine :

L’augmentation des ressources financières dédiées aux associations, aux organisations non gouvernementales, aux chercheur·euses et aux mouvements féministes qui, à tous les niveaux (local, national et international), ont la légitimité et l’expertise de terrain pour porter des initiatives qui ont un impact concret et durable pour les droits des femmes et des filles et un effet transformatif sur les relations de pouvoir et les normes sociales.

Ces financements doivent s’accompagner d’actions spécifiques pour soutenir le travail des associations et des ONG féministes, afin de sécuriser leurs actions sur le terrain. Une attention particulière doit également être accordée aux besoins des associations et des organisations dirigées par et agissant pour les populations les plus marginalisées ainsi qu’aux femmes défenseures des droits humains, tant en termes de financement que de protection.

La participation pleine et effective des femmes et des filles aux processus de décision au sein du G7 et au-delà, à travers une consultation inclusive, en reconnaissant la diversité des femmes, leur voix et leur capacité d’agir.

Le W7 recommande à cet effet :
— Une représentation effective et égale des femmes parmi les décideur·euse·s et au sein de la gouvernance publique, tant au niveau local, national, qu’international.
— Une prise en compte des voix des femmes et des filles dans toute leur diversité, tout au long de la conception, l’élaboration, la mise en oeuvre, le suivi et l’évaluation des politiques. Nous appelons les leaders du G7 à reconnaître que toutes les femmes et les filles ont des droits égaux, mais que, selon leurs situations, l’accès à ces droits est inégal et difficile, notamment si elles font face à des obstacles structurels et à des discriminations multiples. Une attention spécifique doit notamment être accordée, entre autres, aux femmes et filles racisées, aux femmes et filles autochtones, aux femmes et filles migrantes, aux personnes LGBTI+, aux jeunes femmes et filles, aux femmes et filles en situation de handicap, et aux femmes et filles en situation de précarité, de conflit ou de catastrophe humanitaire.

Téléchargez au format PDF (267 Ko) l’ensemble des Recommandations du Women 7

– Ministérielle égalité femmes-hommes du G7 : Réaction des ONG et associations féministes du Women 7

A l’issue de leur rencontre ces 9 et 10 mai, les Ministres de l’égalité femmes-hommes du G7 ont adopté une déclaration en faveur des droits des femmes et des filles. Les Ministres se sont engagé·e·s à adopter le partenariat de Biarritz, compilant certaines des lois les plus progressistes pour les droits des femmes dans le monde entier. Pour les ONG féministes du Women 7 (W7), si cela constitue une bonne nouvelle, cet engagement est encore loin d’être suffisant ! Le Women 7 attend des actions plus ambitieuses lors du Sommet des leaders à Biarritz.

Si la déclaration adoptée par les Ministres reconnaît l’importance du dialogue entre le G7 et les associations féministes, le grand absent de ce texte est la reconnaissance des droits sexuels et reproductifs. Cela concrétise un recul permanent de certains pays sur les droits des femmes à disposer de leur corps.  

Les États du G7 se sont également engagés à adopter le Partenariat de Biarritz. Le Women 7 salue cette initiative et compte sur les États du G7 pour intégrer ces lois dans leurs législations nationales et pour supprimer les lois discriminatoires et élever le standard des lois vers plus d’égalité dans tous les pays.

Cependant, le W7 appelle les Etats du G7 à ne pas se contenter de déclarations de principe en la matière ! Pour que ces nouvelles lois puissent avoir un impact sur les droits des femmes et des filles, il est impératif d’établir un plan d’action, des échéances claires, d’allouer des financements et d’établir des mécanismes partagés de redevabilité afin que ces lois soient réellement appliquées. Le Women 7 regrette à cet égard que le Partenariat de Biarritz soit un des seuls engagements concrets de cette réunion ministérielle.

Le 9 mai 2019, lors du Sommet du Women 7, les associations féministes ont remis des recommandations plus ambitieuses que les engagements pris. Le Women 7 demande aux Ministres d’augmenter les financements des associations féministes et d’assurer la participation réelle de toutes les femmes et les filles dans l’ensemble des décisions prises au G7 et au-delà.

Pour le moment, la France a annoncé la création d’un fonds de 120 millions d’euros pour soutenir les associations féministes des pays du Sud. Le Women 7 appelle les autres pays du G7 à emboîter le pas de la France en augmentant considérablement les fonds destinés aux associations féministes partout dans le monde. Par ailleurs, le Women 7 appelle les Etats à être exemplaires en fournissant le même type d’efforts financiers pour les associations nationales.

Si la France, présidente du G7, veut vraiment faire de l’égalité femmes-hommes une grande cause mondiale, cette ministérielle n’a pas fait ses preuves. Le Président de la République Emmanuel Macron a une ultime chance de rectifier le tir lors du Sommet des leaders en annonçant davantage d’actions concrètes en faveur des droits des femmes. La centaine d’associations et organisations féministes du Women 7 reste mobilisée pour s’assurer que la France tienne ses engagements pour une véritable diplomatie féministe ! Le compte à rebours est enclenché.

– Réaction des ONG et associations féministes du Women 7 à la réunion ministérielle des affaires étrangères du G7

Ce week-end s’est tenue la première réunion ministérielle du G7 sous présidence française. Donnant le ton de l’ambition de la présidence française pour réellement mettre en oeuvre une diplomatie féministe, elle était très attendue par les ONG et associations féministes du Women 7 qui représenteront la société civile au G7. Or, elle n’a pas permis d’acter d’engagements concrets. Le Women 7 le regrette, même si nous accueillons favorablement la place qui a été faite aux droits des femmes et des filles.

LIRE LA SUITE

– Diplomatie féministe : la priorité présidentielle se traduira-t-elle dans la politique de développement solidaire ?

Au début de l’année 2019, le président de la République a affirmé haut et fort que la France se doterait d’une véritable diplomatie féministe. Cette annonce, Jean-Yves Le Drian l’a d’ailleurs détaillée aux côtés de Marlène Schiappa dans une tribune publiée dans Libération, le 8 mars dernier. Ce faisant, la France rejoint le camp des pays – de la Suède à l’Australie en passant par le Canada – qui placent la lutte contre les inégalités femmes-hommes au cœur de leur approche de politique extérieure. Equipop s’en félicite. C’est un pas très structurant pour l’action de notre pays à l’international. Mais pour que cette volonté politique ait toute la crédibilité qu’elle mérite, il est indispensable qu’elle infuse l’ensemble des politiques et outils de la politique extérieure de la France, à commencer par la future loi d’orientation et de programmation (LOP) relative à la politique de développement solidaire et de lutte contre les inégalités mondiales, qui fixera les orientations pour 2020-2025.LIRE LA SUITE

– C’est la vie Lab : Création de projets innovants pour atteindre des changements de comportement en DSSR

L’ONG RAES a mandaté Equipop pour favoriser l’émergence de projets novateurs de mobilisation sociale et communautaire grâce à son dispositif d’incubation de projets (Equipop Lab). Equipop a donc lancé ses activités au Burkina Faso et au Niger début 2019 pour développer ces projets en s’appuyant sur les outils du programme C’est la vie + (série télévisée, série radiophonique, web série, Kit pédagogique).
LIRE LA SUITE

– Pour un G7 résolument féministe : Lettre ouverte de Hadja Idrissa Bah à Emmanuel Macron

Alors que la 63e édition de la Commission sur le statut des femmes des Nations Unies (CSW) bat son plein à New York, et que les féministes du monde entier se rassemblent pour parler des droits des femmes, Hadja Idrissa Bah s’adresse directement au Président Macron. La jeune Guinéenne se fait ici la porte-parole d’un groupe plus large de féministes d’Afrique de l’Ouest (1), et réclame de véritables engagements de la part de la présidence française pour que ce G7 soit véritablement féministe.

LIRE LA SUITE

– Les jeunes féministes d’Afrique de l’Ouest : Des partenaires de taille pour Equipop

La vision d’Equipop est celle d’un monde juste et durable à la construction duquel chacun·e peut participer tout en réalisant son plein potentiel. Cela passe par promouvoir les droits des femmes partout dans le monde, et se faisant, tracer un itinéraire transformatif pour les sociétés toutes entières. Cet horizon ne peut s’incarner sans la construction de larges alliances et les jeunes féministes d’Afrique de l’Ouest figurent comme des partenaires particulièrement précieux·euses dans l’atteinte de notre mission.LIRE LA SUITE